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Blog de la CGTeam Tokheim
30 octobre 2026

CSEC extra du 30 octobre 2026 : La prime, les mythes et le Code

Réunion du CSEC ce matin, sur Teams. Point unique à l’ordre du jour : « Information-consultation sur le projet de versement par voie de décision unilatérale d’une prime de partage de la valeur ».

Le DRH a ouvert le bal en présentant le projet de versement de la prime de partage de la valeur. Mais à peine le sujet sur la table, les élus FO ont bondi pour sortir leur refrain préféré, répété en boucle : « On l'a réclamée cette prime ! Si on n'avait pas réclamé, il n'y aurait rien eu ! » (Comprendre : attribuez-nous le mérite, le chèque et la paternité exclusive de l'idée). 

Pris en tenaille entre les textes de loi et la verve syndicale, le DRH s'est ensuite emmêlé les pieds dans le tapis du Code du travail. Dans un bafouillement mémorable, il a tenté d'expliquer que des « revendications » avaient été exprimées... en plein CSEC ! Une belle démonstration de gymnastique conceptuelle où la frontière entre réclamation, revendication et négociation collective s'est totalement évaporée.

Heureusement, pour remettre un peu de rigueur dans cette kermesse, notre valeureux représentant syndical a sorti sa déclaration pour rappeler poliment mais fermement la réalité économique subie par les salariés ainsi que la stricte nécessité d'augmentations générales et pérennes. Un moment de cadrage bienvenu au milieu du spectacle ! 

 

Nous prenons acte de la consultation sur la décision unilatérale de l’employeur formalisant le versement d'une prime de partage de la valeur (PPV).

La direction affiche la volonté des actionnaires de « remercier chaque collaborateur pour sa contribution personnelle à la transformation et au développement de l'entreprise » à travers une prime ponctuelle plafonnée à 1 000 € bruts, conditionnée à l'ancienneté.

Bien évidemment, cette somme sera la bienvenue pour les salariés dans le contexte actuel. Mais pour la CGT, elle ne peut pas masquer l'absence de véritables mesures salariales. Les salariés ont besoin d'une reconnaissance durable de leur travail, pas seulement d'un geste ponctuel.

La réalité économique vécue par les salariés est accablante. Entre 2020 et aujourd'hui, l'inflation cumulée a grimpé de 17,5 %, tandis que l'évolution cumulée de nos salaires s'est limitée à 11,4 %. Ce décalage massif se traduit par un recul de notre niveau de vie de 6,1 %. Le résultat net de TSF a augmenté de 58 % entre 2021 et 2025 et dans la même période, plus de 40 millions d’euros ont été versés aux actionnaires sous forme de dividendes.

Une prime exceptionnelle, par définition volatile et non reconductible, constitue un écran de fumée. Elle s'évanouit dès le mois suivant sans laisser de trace sur les grilles de rémunération, sans créer le moindre droit pour l'avenir et sans cotisation pour nos retraites, ni pour la protection sociale.

La création de valeur au sein de l'entreprise repose exclusivement sur le travail, le savoir-faire et l'engagement quotidien des travailleurs et travailleuses. À ce titre, la reconnaissance du travail accompli doit se traduire de manière pérenne et équitable sur la fiche de paie.

La CGT exige le rattrapage intégral de l'inflation subie depuis 2020 via des augmentations générales des salaires de base.

Dans le contexte économique actuel, la CGT ne fera pas obstacle au versement de cette prime aux collègues, mais elle maintient toute sa détermination à obtenir des revalorisations générales et pérennes des salaires de base, seules garantes d'une réelle justice sociale.


En résumé : Une réunion au sommet où FO a tenté de s'attribuer la pluie et le beau temps, où la direction a confondu le CSEC avec un comptoir de négociation et où il aura fallu une déclaration formelle pour recadrer le débat. Et ils ont tous fini par « voter » favorablement sur Teams…

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